( 27 septembre, 2009 )

Le marché du traitement social!

Le traitement comptable exclusif des problèmes humains a pour effet     secondaire, la marchandisation des solutions qui deviennent ainsi, des    produits marketing. Nous  sommes, avec le traitement financier et structurel,dans la théorie du « conflit transformationnel » chère aux militaires américains qui veulent remplacer l’homme par la machine, ou dans le cas qui nous intéresse par l’argent. La misère des quartiers  est dans cette perspective, un promontoire qui permet à la « médiocratie »  d’afficher ses ambitions. 

Dans le cadre local, l’apport de solutions aux  problèmes  de la pauvreté urbaine est      un marché que se disputent  les centres de formations, les sociétés de services, les  travailleurs sociaux, les associations,  l’ANPE et autres employés municipaux. Ces gens perçoivent des salaires, ils facturent des honoraires, ils réclament des subventions en monnaie sonnante et trébuchante, ils s’occupent de leur retraite, se  réjouissent de leur petit investissement immobilier et manifestent un mépris par défaut,  pour ceux qui ne partagent pas leurs préjugés et ne tombent pas interdits face à leur génie. Ces mêmes gens, sans s’en apercevoir, ont bâti un mur entre les décideurs politiques et la population en difficulté. Leur inconsciente imposture fausse complètement   l’analyse des élus locaux qui s’appuient sur leurs données pour apprécier la réalité.     C’est, un peu, le phénomène de l’objet dans l’eau. Ils ne sont plus capables de penser des solutions positives. Ils s’imposent la loi du silence dans la crainte de  perdre le peu qu’ils ont pu acquérir. Certains diraient qu’ils se sont psychologiquement  embourgeoisés. 

Les populations en difficulté ont souvent été utilisées à leur insu, par certains, pour   exercer une pression sur les élus, ces gens ont marchandé la confiance, ils ont  apporté des garanties au sujet de choses sur lesquelles ils n’avaient aucun contrôle. Ces apprentis sorciers, qui ont souvent joué avec le feu, n’ont pas su, depuis plus de  vingt ans, innover, renouveler  leur effectif  prendre du recul pour affiner leur regard. Ils sont devenus, peu à peu, le chaînon faible du lien social. Ils ont été installés pour      être des relais, mais ils ne sont plus aujourd’hui que des notables qui tirent leur  revenu des budgets affectés au traitement des problèmes générés par la pauvreté.  Beaucoup de ces gens sont de bonne foi et pensent agir avec efficacité, éblouis qu’ils sont par les moyens colossaux mis à leur disposition. 

Le problème de fond est qu’ils ne comprennent pas les mutations profondes que subit   notre société. Ils ne mesurent pas le danger des assauts incessants du libéralisme idéologique de la finance mondialiste, ultra- conservateur et conquérant qui s’impose   partout et préside aujourd’hui à la destinée de notre société. Le plus grave est qu’ils ont été séduits par les sirènes fatalistes du déterminisme social. De plus, ces milieux bien pensant de l’œuvre sociale offrent un spectacle navrant de     luttes intestines. Dans ce monde de la bonne conscience, il y a bien longtemps que la solidarité a fait place à la concurrence sauvage. 

Cette perte de confiance a rendu impossible toute forme de médiation. La surdité est    devenue la règle, tout le monde veut s’exprimer donner son point de vue, mais plus  personne ne sait écouter. Beaucoup de jeunes gens, las de faire face à ce mur de la non écoute, pensent que le tapage, le saccage et la violence spectaculaire, qui attirent les médias,  sont le seul pouvoir de parole des pauvres gens perdus dans les  oubliettes sociales. 

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